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Le Groenland et les Îles Féroé veulent une identité olympique, mais le CIO maintient la bannière danoise

Suivez le choc entre l'appui politique du Danemark et les règles de reconnaissance de la Charte olympique. Le Groenland et les Îles Féroé veulent leurs propres drapeaux aux Jeux, mais le CIO invoque toujours la qualité d'État reconnu et son cadre actuel

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Le Danemark a rouvert la question olympique du Groenland et des îles Féroé, le CIO ne change pas les règles pour l’instant

Le Parlement danois a demandé au Comité international olympique de permettre au Groenland et aux îles Féroé de participer aux Jeux olympiques sous leurs propres drapeaux, rouvrant ainsi la question sensible de l’identité sportive de deux territoires autonomes au sein du Royaume du Danemark. Selon une annonce du Folketing, le Présidium du Parlement danois a envoyé au CIO une lettre dans laquelle il demande que le statut du Groenland et des îles Féroé soit réexaminé afin que leurs athlètes puissent concourir comme représentants de comités nationaux olympiques distincts. La lettre est datée du 18 juin 2026, et le Parlement l’a publiée le 30 juin 2026, après des discussions sur la représentation internationale de ces territoires dans un contexte nordique et sportif plus large. Le Comité international olympique, selon un rapport de l’agence Associated Press publié le 1er juillet 2026, a rapidement répété qu’en vertu des règles en vigueur il ne reconnaîtrait pas le Groenland et les îles Féroé comme des équipes olympiques séparées. Cela signifie qu’au 2 juillet 2026, le statut des athlètes du Groenland et des îles Féroé aux Jeux olympiques reste inchangé : ils peuvent toujours participer au sein de l’équipe olympique danoise.

Ce que Copenhague a demandé au CIO

Dans la lettre adressée au Comité international olympique, le Présidium du Folketing a appelé à un “réexamen” du cadre selon lequel les comités nationaux olympiques sont reconnus. Selon le texte de la lettre, l’objectif est de permettre que les îles Féroé et le Groenland soient reconnus comme comités nationaux olympiques indépendants et qu’ils participent aux Jeux olympiques sous leurs propres drapeaux. Le Parlement danois ne prétend pas pour autant que ces deux territoires sont des États indépendants, mais souligne leur identité démocratique, culturelle, sociale et sportive distincte au sein du Royaume du Danemark. La lettre indique que leurs aspirations devraient être évaluées sur un pied d’égalité, surtout lorsqu’il s’agit de la possibilité d’une représentation indépendante dans le mouvement olympique. Le Folketing a en outre souligné dans son annonce qu’en cas de reconnaissance, les athlètes des îles Féroé pourraient porter le drapeau Merkið, et les athlètes du Groenland le drapeau Erfalasorput, pendant la cérémonie olympique d’ouverture.

Le président du Folketing, Søren Gade, selon l’annonce du Parlement danois, a déclaré qu’il s’agissait de territoires dotés d’identités sportives fortes et autonomes. Le Parlement danois a indiqué qu’il souhaitait soutenir une question qui revêt une grande importance pour les athlètes du Groenland et des îles Féroé qui veulent concourir sur la plus grande scène sportive internationale sous leurs propres drapeaux. Dans la lettre au CIO, le Présidium du Folketing se réfère également à l’obligation politique du Danemark de soutenir une participation internationale “améliorée et plus équitable” du Groenland et des îles Féroé. Selon le même document, cette obligation est également liée à l’intention du nouveau gouvernement danois de travailler à des modifications du traité d’Helsinki afin que le Groenland et les îles Féroé obtiennent une place plus égalitaire dans la coopération nordique. Dans ce cadre, la question olympique n’est pas considérée seulement comme une procédure sportive, mais aussi comme une partie d’un débat plus large sur la visibilité internationale des territoires autonomes.

Le CIO invoque la Charte olympique

Le Comité international olympique a répondu que sa position ne changeait pas, car la Charte olympique, selon l’interprétation du CIO, définit un pays, aux fins de la reconnaissance d’une équipe olympique, comme un État indépendant reconnu par la communauté internationale. L’agence Associated Press a rapporté que le CIO avait souligné que le Groenland et les îles Féroé, en tant que territoires semi-autonomes du Royaume du Danemark, ne remplissaient pas ce critère. Selon le même rapport, le CIO a indiqué qu’une telle position avait été expliquée “très clairement” aux parties concernées au cours des dernières années. Le comité a ainsi pratiquement écarté la possibilité que la demande du Danemark soit résolue sans modification du cadre juridique et institutionnel existant du mouvement olympique.

La règle à laquelle le CIO se réfère revêt une importance particulière, car depuis 1996 la pratique de reconnaissance des comités nationaux olympiques est liée beaucoup plus strictement à une étaticité reconnue au niveau international. Dans la lettre, le Présidium danois reconnaît que le CIO a depuis lors généralement limité l’admission aux territoires que la communauté internationale, y compris les Nations unies, reconnaît comme États indépendants. Pourtant, le Parlement danois attire simultanément l’attention sur des exceptions existantes, parmi lesquelles la lettre mentionne Aruba, les Bermudes et Porto Rico, qui ont acquis le droit de participer séparément aux Jeux olympiques avant le changement de politique. La lettre indique également que les îles Féroé ont présenté une demande d’admission dès 1983, donc avant le changement des règles en 1996. C’est précisément cette différence entre les territoires reconnus auparavant et les territoires qui demandent aujourd’hui un traitement égal qui se trouve au centre du débat politique et sportif actuel.

Autonomie au sein du Royaume du Danemark

Le Groenland et les îles Féroé disposent d’une large autonomie, mais ne sont pas des États indépendants. Le ministère danois des Affaires étrangères indique que les deux territoires font partie du Royaume du Danemark et que, en raison de leur statut national, historique et géographique particulier, ils disposent d’une forme étendue d’autonomie. Selon les informations du Bureau de la Première ministre danoise, les îles Féroé ont obtenu l’administration interne en 1948, le Groenland en 1979, et le système d’autonomie groenlandais de 2009 a remplacé le modèle antérieur d’administration interne. La même source officielle indique que les possibilités des îles Féroé de prendre en charge des domaines supplémentaires de responsabilité ont été élargies en 2005. Une telle organisation permet aux autorités locales de gérer de nombreuses questions internes, d’adopter des règlements dans les domaines transférés et d’assumer la responsabilité économique de ces affaires.

Dans le même temps, selon le ministère danois des Affaires étrangères, la compétence pour les obligations de droit international et la conduite de la politique étrangère appartient, en vertu de la constitution danoise, aux autorités du Royaume du Danemark. Cela explique pourquoi la question de la reconnaissance olympique a une dimension politique complexe : l’identité sportive du Groenland et des îles Féroé existe parallèlement à un ordre constitutionnel dans lequel l’étaticité internationale demeure liée au Danemark. En pratique, les deux territoires ont leurs propres parlements et gouvernements, et dans de nombreux systèmes sportifs internationaux ils participent sous leurs propres noms. Toutefois, le système olympique possède ses propres règles de reconnaissance, de sorte que l’autonomie sportive dans certaines fédérations ne mène pas automatiquement à une participation séparée aux Jeux olympiques. C’est pourquoi la demande venue de Copenhague ne serait pas seulement une question technique d’inscription d’athlètes, mais un précédent susceptible d’ouvrir des demandes similaires d’autres territoires dotés d’un statut politique particulier.

Les arguments sportifs du Groenland et des îles Féroé

Le Parlement danois souligne dans la lettre et dans l’annonce qui l’accompagne que le Groenland et les îles Féroé possèdent déjà des identités sportives reconnaissables et une expérience internationale. Le Folketing indique que les deux territoires sont membres d’un certain nombre de fédérations sportives internationales, dont la Fédération internationale de handball, tandis que les îles Féroé sont membres à part entière de l’UEFA et de la FIFA. En football, les îles Féroé participent depuis des décennies aux qualifications pour les championnats d’Europe et du monde, et en handball elles ont acquis ces dernières années une visibilité internationale croissante. La Fédération européenne de handball indique que l’équipe masculine des îles Féroé a participé à l’EHF EURO 2024, puis s’est qualifiée aussi pour l’EHF EURO 2026, ce qui constituait sa deuxième participation à cette compétition. Dans le profil officiel de la compétition, l’EHF souligne également que la sélection féroïenne a terminé première de son groupe lors des qualifications pour l’édition 2026.

Dans le contexte olympique, le Groenland est le plus souvent mentionné à travers les sports d’hiver, en particulier le biathlon. Selon le rapport de l’Associated Press et les données figurant sur les profils olympiques officiels des athlètes, des biathlètes groenlandais ont concouru pour le Danemark aux Jeux olympiques d’hiver Milano Cortina 2026. Parmi eux figuraient Ukaleq Astri Slettemark et Sondre Slettemark, qui sont enregistrés dans les archives olympiques comme biathlètes danois, bien qu’ils soient liés au Groenland. De telles participations montrent en même temps que les athlètes du Groenland peuvent atteindre le niveau olympique et que leur visibilité reste liée au comité olympique danois. Pour les partisans d’une reconnaissance séparée, c’est précisément cette combinaison de niveau sportif et d’identité distincte qui constitue l’argument clé pour changer la pratique actuelle.

Pourquoi des exceptions existent, mais sans voie simple vers une nouvelle reconnaissance

L’un des éléments les plus importants de la demande danoise concerne le fait que le système olympique compte déjà des comités nationaux olympiques qui ne correspondent pas au critère actuel d’un État indépendant. Le CIO reconnaît, selon ses propres données, 206 comités nationaux olympiques, soit plus que le nombre d’États membres des Nations unies. Ce nombre reflète le développement historique du mouvement olympique et des reconnaissances antérieures de territoires entrés dans le système avant le durcissement des règles. Le Parlement danois affirme donc dans la lettre que le cadre actuel laisse néanmoins une marge pour envisager une interprétation plus flexible ou une adaptation dans les cas du Groenland et des îles Féroé. Le CIO, de son côté, envoie pour l’instant le message qu’il n’a pas l’intention d’utiliser cette marge dans ce cas.

Sur le plan pratique, la différence entre les anciennes exceptions et les nouvelles demandes est essentielle pour comprendre la décision du CIO. Des territoires comme Porto Rico, les Bermudes et Aruba continuent de participer sous leurs propres drapeaux parce qu’ils ont été reconnus avant l’établissement d’une politique plus stricte, et ces droits n’ont pas été supprimés rétroactivement dans le système olympique. Le Groenland et les îles Féroé se trouvent dans une position différente, car leur reconnaissance exige aujourd’hui une nouvelle décision selon des règles beaucoup plus restrictives. L’Associated Press a rapporté que le Kosovo et le Soudan du Sud sont des exemples de reconnaissances plus récentes, mais précisément parce qu’ils ont été traités comme des cas souverains dans l’ordre international. En ce sens, la demande du Danemark demande au CIO, pour des raisons sportives et institutionnelles, de créer une exception politiquement sensible, tandis que le CIO cherche à éviter d’ouvrir un débat plus large sur la question de savoir qui peut avoir une équipe olympique.

Le soutien politique ne signifie pas un changement olympique automatique

La démarche danoise possède une forte valeur symbolique parce qu’elle vient du parlement de l’État au sein duquel se trouvent le Groenland et les îles Féroé. Contrairement à de nombreuses demandes similaires dans le sport international, Copenhague ne conteste pas ici son propre rôle, mais soutient publiquement une visibilité accrue de deux territoires autonomes. Le Folketing indique dans la lettre qu’une participation olympique autonome serait conforme aux efforts du Groenland et des îles Féroé pour renforcer leur participation à la coopération internationale. Une telle formulation montre que la demande s’inscrit dans une tendance plus large de renforcement du profil extérieur de territoires qui disposent déjà de leurs propres institutions politiques, mais pas d’une pleine étaticité internationale. Toutefois, le soutien de l’État auquel appartiennent les territoires ne suffit pas si l’interprétation de la Charte olympique ne change pas ou si le CIO ne décide pas d’ouvrir une procédure spéciale.

Pour les athlètes, les conséquences sont très concrètes. Si les règles ne changent pas, les athlètes du Groenland et des îles Féroé qui se qualifient pour les Jeux olympiques participeront sous le drapeau danois, y compris lors de possibles participations aux Jeux olympiques d’été de Los Angeles 2028. Le Comité d’organisation LA28 indique officiellement que les Jeux olympiques de Los Angeles commenceront le 14 juillet 2028 et dureront jusqu’au 30 juillet 2028, de sorte que ce cycle constitue précisément le prochain grand point de référence pour les athlètes de ces territoires dans les sports d’été. Pour les îles Féroé, il est particulièrement pertinent qu’elles soient actives dans des sports qui font partie du système olympique ou d’un système de compétition internationale proche du système olympique, notamment le football et le handball. Pour le Groenland, la question de la visibilité est particulièrement importante dans les disciplines d’hiver, mais aussi dans le contexte plus large d’une identité qui n’est souvent pas clairement visible lorsqu’on concourt exclusivement sous la désignation du Danemark.

Un débat qui dépasse le sport

La question olympique du Groenland et des îles Féroé montre combien les frontières entre sport, autonomie et politique internationale peuvent difficilement être complètement séparées. Le CIO se présente comme une organisation non gouvernementale qui agit selon ses propres règles, mais sa reconnaissance des comités nationaux olympiques touche en pratique fortement aux questions d’étaticité et de reconnaissance internationale. Le Parlement danois affirme explicitement dans la lettre que le CIO dispose d’une certaine marge d’interprétation de ses règles et qu’il pourrait l’utiliser au profit de l’inclusion, de la diversité et de la représentation mondiale. Selon les informations disponibles, le CIO a pour l’instant adopté la position opposée et souligné que le statut du Groenland et des îles Féroé ne satisfait pas au critère d’un État indépendant reconnu internationalement. C’est pourquoi le résultat immédiat de la demande est limité : le soutien politique existe, mais la porte institutionnelle reste fermée.

Pour le Groenland et les îles Féroé, le débat ne se termine pourtant pas avec le refus du CIO. La lettre du Folketing montre que le Danemark, au plus haut niveau parlementaire, accepte l’argument selon lequel ces deux territoires possèdent des identités sportives et culturelles distinctes qui méritent une visibilité internationale accrue. Pour le CIO, cependant, accepter un tel argument signifierait ouvrir la question de savoir si le modèle actuel de reconnaissance est appliqué avec suffisamment de cohérence et s’il peut être adapté à des cas autonomes particuliers sans créer un précédent qui changerait l’équilibre de tout le système olympique. Selon les informations actuellement disponibles, aucun changement de ce type n’a été officiellement annoncé. Les athlètes du Groenland et des îles Féroé continueront donc, au moins pour l’instant, à chercher leur chemin vers les Jeux olympiques à travers l’équipe olympique danoise, tandis que le débat politique sur leurs drapeaux se poursuivra en dehors des terrains de compétition.

Sources :
- Folketing / Parlement danois – annonce concernant la lettre du Présidium au CIO et la demande de participation du Groenland et des îles Féroé sous leurs propres drapeaux (lien)
- Folketing / Parlement danois – lettre “Recognition of the Faroe Islands and Greenland in the Olympic movement”, datée du 18 juin 2026 (lien)
- Associated Press – rapport sur la réponse du CIO et la position selon laquelle le Groenland et les îles Féroé ne remplissent pas le critère pour une équipe olympique séparée (lien)
- Ministère des Affaires étrangères du Danemark – description officielle du statut du Groenland et des îles Féroé au sein du Royaume du Danemark et de leur autonomie (lien)
- Bureau de la Première ministre danoise – informations officielles sur l’organisation du Royaume du Danemark, l’autonomie du Groenland et des îles Féroé et les compétences en matière de politique étrangère (lien)
- Fédération européenne de handball – profil de l’équipe nationale des îles Féroé à l’EHF EURO 2026 et données sur les participations aux championnats d’Europe de handball (lien)
- LA28 – informations officielles sur les dates des Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles 2028 (lien)

Remarque: Des outils d'intelligence artificielle ont été utilisés lors de la préparation de ce contenu. Le contenu a été révisé par la rédaction avant publication.

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